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Un mur porteur ouvert sans autorisation : ce que ça change pour la vente, et comment régulariser

Dans un immeuble en copropriété, l'ouverture d'un mur porteur touche au gros œuvre, donc aux parties communes au sens de la loi du 10 juillet 1965, et suppose une autorisation préalable de l'assemblée générale, même lorsque la paroi se situe entièrement à l'intérieur d'un lot privatif. Lorsque cette autorisation n'a pas été obtenue, l'action du syndicat des copropriétaires en remise en état est une action personnelle soumise à l'article 42 de la même loi, dont le délai de prescription est de cinq ans depuis la loi ELAN de 2018, contre dix ans auparavant. Le point de départ de ce délai est déterminant et souvent mal compris : il court à compter du jour où le syndicat a eu connaissance des travaux, et non de la date de leur réalisation, de sorte qu'une vente, qui porte ces travaux à la connaissance du syndic, peut faire courir le délai plutôt que l'éteindre. La vente n'interrompt pas la prescription et ne purge pas l'irrégularité. LUPOQ Rénovation sonde la paroi et fait établir une note de calcul de structure a posteriori, monte le dossier de régularisation présenté à l'assemblée générale, et chiffre le renfort sous quarante-huit heures si l'ouvrage doit être repris.

Le scénario est toujours le même. Le compromis est signé, ou sur le point de l'être. Un diagnostiqueur, un acquéreur méticuleux ou le syndic remarque que deux pièces n'en font plus qu'une, et que l'ouverture est large. Personne ne retrouve la trace d'un vote d'assemblée générale.

À partir de cette minute, l'agent immobilier a un problème qui n'est pas technique. Le vendeur assure que les travaux datent de quinze ans et que c'est prescrit. L'acquéreur veut une garantie. Le notaire demande les procès-verbaux. Et personne dans la pièce ne sait exactement ce qui s'applique.

Cet article dit ce qui s'applique, dans quel ordre traiter, et ce qui peut être régularisé.

Pourquoi un mur porteur n'est pas une cloison

Une cloison de distribution sépare deux pièces et ne porte qu'elle-même. La déposer reste une opération intérieure au lot privatif.

Un mur porteur reprend les charges des planchers situés au-dessus et les descend vers les fondations. Il appartient au gros œuvre de l'immeuble. Or le gros œuvre relève des parties communes au sens de la loi du 10 juillet 1965, et cela reste vrai lorsque la paroi se trouve entièrement à l'intérieur d'un appartement.

C'est le point que la plupart des vendeurs n'ont jamais compris au moment de faire les travaux : ils ont ouvert chez eux, dans un mur qu'ils croyaient à eux. La conséquence est qu'une autorisation préalable de l'assemblée générale était nécessaire, et qu'elle ne l'a pas été demandée.

La distinction n'est pas visible

Dans un immeuble parisien du dix-neuvième siècle, un refend enduit au plâtre ressemble exactement à une cloison. Même épaisseur apparente, mêmes moulures, même finition. Sous l'enduit, ce peut être un mur de moellons de trente centimètres qui reprend deux planchers.

C'est aussi pour cela que ces ouvertures ont été faites de bonne foi la plupart du temps. Le propriétaire ne savait pas, et l'entreprise qui a exécuté n'a pas posé la question.

Ce que dit la prescription, et le contresens qui coûte cher

L'action du syndicat des copropriétaires tendant à la remise en état est qualifiée d'action personnelle. Elle relève de l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965, dont le délai de prescription est de cinq ans depuis la loi ELAN de 2018. Il était de dix ans auparavant.

Cinq ans, donc. Et le vendeur en conclut que des travaux de 2011 sont couverts.

Voici le contresens. Le délai ne court pas à compter des travaux. Il court à compter du jour où le syndicat en a eu connaissance.

Un mur ouvert à l'intérieur d'un appartement, sans échafaudage ni benne visible, peut n'avoir jamais été porté à la connaissance du syndic. Dans ce cas, la prescription n'a jamais commencé à courir. Et le moment où le syndicat l'apprend est très souvent celui de la vente, quand le notaire interroge le syndic ou quand l'acquéreur pose la question.

Autrement dit, la vente peut faire partir le délai au lieu de l'éteindre. Il faut également retenir que la vente du bien n'interrompt pas la prescription en cours, et qu'elle ne purge pas l'irrégularité : elle la transmet.

Nous ne sommes ni juristes ni notaires et nous ne donnons pas de consultation. Ces règles se vérifient avec le notaire chargé de la vente, et l'analyse dépend des faits propres à chaque dossier. Notre rôle est de dire qu'il ne faut pas se contenter du raisonnement « c'est ancien donc c'est réglé ».

Ce que chacun risque, concrètement

Le vendeur. Le syndicat peut exiger la remise en état, c'est-à-dire la reconstruction du mur. Il peut aussi, s'il le décide, régulariser la situation par un vote. Par ailleurs, un vendeur qui connaissait l'irrégularité et l'a tue s'expose à une action de l'acquéreur.

L'acquéreur. Il achète le lot avec son passif. Si la remise en état est ordonnée après la vente, c'est lui qui l'exécute. C'est précisément ce qu'il cherche à éviter en posant la question, et c'est légitime.

L'agent immobilier. Il est tenu d'un devoir de conseil et d'information. Un professionnel qui a eu connaissance d'un élément susceptible d'affecter la vente et ne l'a pas signalé se met en difficulté. C'est la raison pour laquelle un agent averti ne cherche pas à minimiser la découverte : il la traite.

La méthode, dans l'ordre

Une ouverture non autorisée n'est pas nécessairement une vente perdue. Dans la majorité des dossiers que nous voyons, elle est régularisable. Ce qui fait échouer la vente, ce n'est pas l'irrégularité, c'est le temps perdu à la nier.

Premier temps : établir ce qui a réellement été fait. Sondage de la paroi restante, repérage de ce qui subsiste du mur, et surtout vérification de la présence et du dimensionnement du linteau posé au-dessus de l'ouverture. Beaucoup d'ouvertures anciennes comportent bien un profilé métallique. La question n'est pas s'il y en a un, mais s'il est correctement dimensionné et correctement appuyé.

Deuxième temps : la note de calcul a posteriori. Un bureau d'études structure vérifie que l'ouvrage en place reprend effectivement les charges, en tenant compte de la portée, des planchers au-dessus et de la nature de la maçonnerie. Deux issues. Soit l'ouvrage est conforme, et la note de calcul devient la pièce maîtresse du dossier de régularisation. Soit il ne l'est pas, et le renfort à réaliser est décrit et chiffré.

Cette note change entièrement la conversation. On ne demande plus à l'assemblée de fermer les yeux sur une faute : on lui présente un ouvrage vérifié par un homme de l'art.

Troisième temps : la régularisation en assemblée générale. Le dossier se dépose auprès du syndic pour inscription à l'ordre du jour : note de calcul, description de l'ouvrage, attestation d'assurance de l'entreprise qui interviendrait si un renfort est nécessaire. Une assemblée se tient à date fixe, ce qui rend ce délai le moins maîtrisable du dossier. C'est pour cette raison qu'il se traite en premier.

Quatrième temps : l'écrit dans la vente. La situation, le dossier technique et l'état d'avancement de la régularisation s'annexent au compromis. Une condition suspensive peut être envisagée. C'est au notaire de rédiger, et il le fait d'autant mieux qu'on lui remet des pièces plutôt qu'un récit.

L'erreur qui tue le dossier

Refermer le mur en urgence pour faire disparaître le problème. C'est un réflexe, et c'est la pire décision possible : on ajoute des travaux non déclarés aux travaux non déclarés, on détruit la possibilité d'une expertise, et la reconstruction d'un mur porteur repris par un linteau est un chantier lourd, bruyant et long, qui suppose de toute façon l'accord de l'assemblée.

Ce que nous faisons, et ce à quoi nous nous engageons

Nous sondons avant de dire quoi que ce soit. Au son, à la caméra endoscopique introduite par un percement de quelques millimètres, et par carottage discret dans une zone qui sera recouverte. Une demi-journée, et elle décide de tout le reste. Nous ne donnons pas d'avis sur photo.

Nous faisons établir la note de calcul par un bureau d'études structure, et nous montons le dossier remis au syndic pour l'inscription à l'ordre du jour.

Le chiffrage du renfort suit sous quarante-huit heures lorsque l'ouvrage doit être repris, avec le descriptif technique correspondant à la note de calcul.

Le calendrier des décisions est remis dès le départ, et le vote d'assemblée y figure en premier, parce que c'est le seul délai que personne ne maîtrise. Dans une vente, savoir dire à l'acquéreur quelle décision tombe à quelle date vaut mieux que promettre que tout ira vite.

Toute découverte est photographiée et datée le jour même, et transmise à l'agence comme au vendeur. Sur ce type de dossier, la traçabilité est ce qui protège tout le monde.

Nous travaillons en entreprise générale, tous corps d'état sous un seul contrat, avec nos propres ouvriers. Sur une reprise de structure, cela évite la situation où le maçon, le plaquiste et l'électricien se renvoient la responsabilité d'un désordre.

Le pacte de voisinage encadre ce que subissent les voisins : horaires annoncés à l'avance, parties communes protégées et nettoyées chaque soir, un interlocuteur joignable pendant toute la durée du chantier. Dans un immeuble où l'assemblée vient d'accorder une régularisation, la façon dont le chantier se passe décide de la façon dont le prochain sera voté.

Questions fréquentes

L'assemblée générale peut-elle refuser la régularisation ?

Oui. C'est une décision collective, et elle n'est jamais acquise d'avance. Un dossier appuyé sur une note de calcul de bureau d'études a nettement plus de chances qu'une demande orale, parce qu'il déplace la discussion du terrain de la faute vers celui de la sécurité de l'immeuble.

Le vendeur doit-il déclarer les travaux à l'acquéreur ?

Il est tenu d'informer sur ce qu'il connaît et qui affecte le bien. Dissimuler un élément que l'on connaît expose à une action. La bonne pratique consiste à tout mettre par écrit et à l'annexer, ce qui protège d'ailleurs le vendeur autant que l'acquéreur.

Comment savoir si le mur ouvert était vraiment porteur ?

Pas à l'œil, et pas sur les plans de copropriété, qui distinguent rarement les cloisons des refends. Cela se détermine par sondage sur place, sur ce qui subsiste de la paroi et sur son alignement avec les étages inférieurs et supérieurs.

Combien de temps prend une régularisation ?

Le sondage et la note de calcul se comptent en jours. Le vote d'assemblée se compte en mois, et il dépend uniquement de la date de la prochaine assemblée. C'est lui qui fixe le calendrier, et c'est la première information à donner à l'acquéreur.

Nous accompagnons régulièrement des agences et leurs clients sur ce type de dossier : voir notre article pourquoi ouvrir un mur demande une étude de structure, notre page travaux et compromis de vente et notre offre pour les agences immobilières.


Sources : la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, pour le statut de partie commune du gros œuvre et pour l'article 42 relatif à la prescription des actions personnelles, ramenée de dix à cinq ans par la loi ELAN du 23 novembre 2018. Le point de départ du délai à compter de la connaissance des travaux par le syndicat, et l'absence d'interruption par la vente, sont des points de droit à faire confirmer par le notaire chargé du dossier : cet article ne constitue pas une consultation juridique.

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Nous visitons le bien, nous chiffrons sous quarante-huit heures, et nous remettons un compte rendu écrit à l'agence comme au client. Vous avez une réponse à donner, et un seul interlocuteur responsable de tous les corps d'état si les travaux se font.

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