Avenue Foch, Paris 16e · 1854-1859
Avenue Foch : pourquoi ouvrir un mur y demande presque toujours une étude de structure
Publié le · LUPOQ Rénovation

Les immeubles bordant les voies parisiennes de plus de vingt mètres de large, ouvertes sous le Second Empire, présentent une particularité structurelle héritée du décret du 27 juillet 1859 : autorisés à monter jusqu'à vingt mètres de hauteur de façade, ils sont aussi plus profonds en parcelle. Or les planchers de cette époque reposent sur des solives de bois d'environ vingt centimètres sur huit, espacées de quarante à cinquante centimètres, dont la portée est limitée. Franchir une grande profondeur imposait donc de multiplier les murs de refend intermédiaires. Conséquence pour un chantier d'aujourd'hui : dans ce type d'immeuble, une paroi qui ressemble à une cloison est souvent un mur porteur, et son ouverture suppose une note de calcul de bureau d'études puis un vote d'assemblée générale. LUPOQ Rénovation sonde systématiquement la paroi avant d'établir le devis, et remet au démarrage un calendrier des décisions où le vote d'assemblée figure en premier, parce que c'est le seul délai que personne ne maîtrise.
L'avenue Foch a été ouverte en 1854 sous le nom d'avenue de l'Impératrice, en hommage à Eugénie, épouse de Napoléon III. Elle a porté ensuite le nom d'avenue du Général-Uhrich, puis d'avenue du Bois-de-Boulogne en 1875, avant de recevoir en 1929 celui du maréchal Foch. Avec ses cent vingt mètres de largeur, jardins latéraux compris, elle reste la plus large avenue de Paris.
Cette largeur n'est pas qu'une curiosité de promeneur. Elle explique, cent soixante-dix ans plus tard, pourquoi un projet d'ouverture dans un appartement de l'avenue coûte plus cher et prend plus de temps que le même projet dans une rue étroite du 11e arrondissement.
Le décret du 27 juillet 1859, et ce qu'il a produit
Ce texte complète les règlements de 1783-1784 pour les voies de grande largeur que l'on perce alors dans Paris. Il pose une règle simple : sur les rues de plus de vingt mètres de largeur, les façades peuvent atteindre vingt mètres de hauteur. Les combles restent limités par une diagonale à quarante-cinq degrés.
Le même règlement impose les balcons filants — continus sur toute la largeur de la façade — au deuxième et au cinquième étage. C'est cette contrainte qui donne aux perspectives haussmanniennes leur alignement horizontal si reconnaissable, et elle explique aussi pourquoi le deuxième étage est l'étage noble : avant l'ascenseur, c'était le plus haut niveau qu'on montait volontiers à pied.
Sur une avenue de cent vingt mètres, le gabarit maximal est donc atteint. Les immeubles y sont hauts, et comme la spéculation foncière poussait à exploiter la parcelle, ils sont aussi profonds.
Le problème que la profondeur pose au plancher
Voilà où l'histoire rejoint le chantier d'aujourd'hui.
Les planchers de ces immeubles ne sont pas en béton. Ce sont des planchers dits parisiens : des poutres maîtresses en bois ancrées dans les murs porteurs, et perpendiculairement à elles des solives d'environ vingt centimètres sur huit, espacées de quarante à cinquante centimètres, remplies de plâtre ou de briques allégées.
Une solive de cette section ne franchit qu'une portée limitée. Au-delà, elle fléchit. Pour couvrir un appartement profond, les constructeurs n'avaient donc que deux solutions : poser des poutres maîtresses, ou multiplier les murs de refend intermédiaires qui redivisent la portée.
Ils ont largement usé de la seconde. C'est plus économique, cela sépare les pièces, et cela rigidifie l'ensemble. Résultat : dans un immeuble de grande avenue, le nombre de murs qui descendent réellement jusqu'aux fondations est plus élevé que dans un immeuble de rue étroite, où la faible profondeur permettait de s'en passer.
Ce que ça change quand on veut ouvrir
Un client qui souhaite réunir deux pièces se trouve devant une paroi qui, à l'œil, ressemble à une cloison. Elle est enduite au plâtre, elle a la même épaisseur apparente, elle porte les mêmes moulures. Sous l'enduit, ce peut être un mur de moellons de trente centimètres qui reprend deux planchers.
La distinction ne se fait ni à l'œil ni à l'intuition. Elle se fait au son, à la caméra endoscopique introduite par un percement de quelques millimètres, et par carottage discret dans une zone qui sera recouverte. C'est une demi-journée de repérage, et elle décide de tout le reste du projet.
Ce que la découverte entraîne
Si la paroi est porteuse, deux conséquences s'enchaînent, et aucune n'est compressible.
Une note de calcul. Au-dessus de l'ouverture, un profilé métallique doit reprendre la charge et la redistribuer de part et d'autre. Son dimensionnement relève d'un bureau d'études structure, qui tient compte de la portée, des charges des planchers au-dessus et de la nature de la maçonnerie. Un linteau sous-dimensionné ne s'effondre pas : il fléchit de quelques millimètres, et ce sont ces millimètres qui fissurent le plafond du voisin du dessous.
Un vote d'assemblée générale. Un percement dans un mur porteur touche à la structure de l'immeuble, donc aux parties communes, même quand la paroi se trouve entièrement à l'intérieur d'un lot privatif. Le syndic demande généralement la note de calcul et l'attestation d'assurance de l'entreprise. Une assemblée se tient à date fixe : une demande déposée en juin peut n'être votée qu'en novembre.
Ce second délai est le moins maîtrisable d'un projet parisien, et c'est pour cette raison qu'il se traite en premier, avant même le plan d'aménagement. Le reste du chantier peut avancer en attendant, à condition d'avoir organisé les lots dans cet ordre.
Le comble, et sa diagonale
La limitation des combles par une diagonale à quarante-cinq degrés a une conséquence directe sur les projets d'aménagement du dernier étage. Sous cette pente, la hauteur libre décroît vite en s'approchant de la façade, et la surface réellement utilisable — celle où l'on peut se tenir debout — est nettement inférieure à la surface au sol.
C'est ce qui explique que les anciennes chambres de service du sixième étage se transforment en studios agréables ou en pièces inutilisables selon leur position exacte dans la toiture. Le relevé de la hauteur sous pente, fait avant toute promesse, évite une déception qu'aucun aménagement ne rattrape.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter dans ce type d'immeuble
Trois vérifications, dans cet ordre.
La nature des parois que le projet suppose d'ouvrir, établie par sondage et non par lecture de plan — les plans de copropriété distinguent rarement les cloisons des refends.
Le calendrier des assemblées générales de la copropriété, qui donne le délai réel entre la décision et le premier coup de pioche.
L'état des planchers bois, notamment aux appuis dans les murs : c'est là que l'humidité ancienne a pu attaquer les têtes de solives, et c'est un point qui ne se voit qu'en ouvrant.
Ce que nous faisons de cette connaissance, concrètement
Savoir qu'un mur risque d'être porteur ne sert à rien si cela n'est pas dit au bon moment. Voici comment LUPOQ Rénovation traite ce point sur un chantier parisien, et ce à quoi l'entreprise s'engage.
Le sondage précède le devis, jamais l'inverse. Nous ne chiffrons pas une ouverture avant d'avoir sondé la paroi au son, à la caméra endoscopique et, si le doute persiste, par carottage. Un devis établi sur une hypothèse structurelle est un devis qui bougera.
Le calendrier des décisions est remis au démarrage. Il indique quelle décision doit être prise à quelle date pour ne pas décaler la livraison — et le vote d'assemblée générale y figure en premier, parce que c'est le seul délai que personne ne maîtrise.
Toute découverte est photographiée et datée le jour même. Si l'ouverture révèle une tête de solive attaquée ou une reprise de maçonnerie non prévue, la zone est arrêtée, l'image et la date sont transmises, un chiffrage suit sous quarante-huit heures, et rien ne reprend sans accord écrit.
Les réseaux sont photographiés avant fermeture des murs, et les images sont remises au client. Sur un bâti ancien où les cheminements empruntent d'anciens conduits, ce relevé est la seule trace exploitable dix ans plus tard.
Nous travaillons en entreprise générale, tous corps d'état sous un seul contrat, avec nos propres ouvriers. Sur un chantier qui touche à la structure, cela évite la situation où le maçon, le plaquiste et l'électricien se renvoient la responsabilité d'un désordre — chacun ayant objectivement raison de son point de vue.
Le pacte de voisinage encadre ce que subissent les voisins : horaires annoncés à l'avance, parties communes protégées et nettoyées chaque soir, un interlocuteur joignable pendant toute la durée du chantier. Dans un immeuble où le vote de l'assemblée générale a été nécessaire, la façon dont le chantier se passe décide de la façon dont le prochain sera voté.
Questions fréquentes
Tous les immeubles de l'avenue Foch sont-ils haussmanniens ?
Non. L'avenue s'est bâtie sur plusieurs décennies et compte aussi des immeubles plus tardifs, dont certains à structure béton, qui n'ont pas du tout les mêmes contraintes. L'époque de construction se vérifie au cas par cas, pas à l'adresse.
Peut-on savoir si un mur est porteur sans faire de sondage ?
Pas de manière fiable. L'épaisseur apparente trompe, car un doublage ou une reprise d'enduit peut habiller une cloison légère comme un refend. Le son donne une première indication, la caméra confirme.
Combien de temps entre la décision et le chantier ?
Le sondage et l'étude de structure se comptent en jours. Le vote de l'assemblée générale se compte en mois, et il dépend uniquement de la date de la prochaine assemblée. C'est lui qui fixe le calendrier.
Nous intervenons régulièrement sur ce type de bâti : voir notre guide du chantier en copropriété, notre page rénovation d'appartement et nos réalisations.
Sources
Le décret du 27 juillet 1859 et les règlements d'urbanisme parisiens (Bibliothèque nationale de France, portail Passerelles). L'historique de l'avenue Foch, ouverte en 1854 sous le nom d'avenue de l'Impératrice. Les caractéristiques des planchers parisiens — solives d'environ 20 × 8 cm espacées de 40 à 50 cm sur poutres maîtresses — correspondent à ce que nous relevons sur nos propres chantiers.
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