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Surface Carrez et travaux : ce qui compte, ce qui ne compte pas, et le piège des combles

La loi n° 96-1107 du 18 décembre 1996, dite loi Carrez, impose de mentionner dans l'acte de vente d'un lot de copropriété la superficie de sa partie privative. Cette superficie correspond aux planchers des locaux clos et couverts, déduction faite des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches, cages d'escalier, gaines et embrasures de portes et fenêtres, ainsi que des parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre. Des travaux modifient donc la surface mesurée : créer une cloison ou un doublage isolant la diminue, déposer une cloison l'augmente, et sous un comble la hauteur de 1,80 mètre décide de ce qui est compté. Lorsque la superficie réelle est inférieure de plus d'un vingtième, soit 5 %, à celle exprimée dans l'acte, l'acquéreur peut demander une diminution du prix, l'action se prescrivant par un an à compter de l'acte authentique. LUPOQ Rénovation signale à l'agence et au propriétaire tout projet de travaux susceptible de faire varier la surface mesurable avant que le chantier ne commence.

Un agent immobilier connaît la loi Carrez comme une ligne du dossier de diagnostics. Ce qu'on voit moins souvent, c'est qu'elle bouge quand on fait des travaux — et qu'elle peut se retourner contre le vendeur un an après la signature.

Ce que la loi Carrez mesure exactement

La loi du 18 décembre 1996 impose de mentionner dans l'acte de vente d'un lot de copropriété la superficie de sa partie privative.

Cette superficie correspond aux planchers des locaux clos et couverts, dont on déduit les surfaces occupées par les murs, les cloisons, les marches et cages d'escalier, les gaines, ainsi que les embrasures de portes et de fenêtres. On en retire également toutes les parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre.

Ce dernier point est celui qui produit les surprises, et nous y revenons plus bas.

Ne sont pas comptés non plus les caves, garages et emplacements de stationnement, et les lots ou fractions de lots d'une superficie inférieure à huit mètres carrés ne sont pas pris en compte.

Pourquoi des travaux font bouger le chiffre

La surface Carrez n'est pas une caractéristique figée du bien : c'est le résultat d'un mesurage à un instant donné. Trois types de travaux la modifient.

Ce qui la diminue. Créer une cloison, poser un doublage isolant sur les murs de façade, habiller un mur d'un coffrage technique, construire un placard maçonné. Chaque centimètre d'épaisseur ajouté sur un linéaire de mur se soustrait de la surface mesurable. Sur un appartement doublé sur trois façades, cela devient visible.

Ce qui l'augmente. Déposer une cloison, supprimer un placard maçonné, retirer un doublage devenu inutile.

Ce qui la modifie sans qu'on s'y attende : la hauteur. Sous un comble ou une pente, seule la partie où l'on dépasse 1,80 mètre est comptée. Poser un isolant en rampant abaisse le plafond, et fait donc descendre une bande entière du logement sous le seuil. Un aménagement de combles bien fait peut ainsi rendre la pièce plus confortable et faire perdre plusieurs mètres carrés au sens de la loi Carrez.

C'est le piège le plus fréquent, et il est parfaitement contre-intuitif : le logement est amélioré, la surface affichable diminue.

Ce que risque le vendeur, et pendant combien de temps

Si la superficie réelle de la partie privative est inférieure de plus d'un vingtième — soit plus de 5 % — à celle exprimée dans l'acte, l'acquéreur peut demander une diminution du prix proportionnelle à la surface manquante.

Le délai pour agir est d'un an à compter de la signature de l'acte authentique.

Le cas concret qui se produit : un vendeur fait isoler par l'intérieur pour améliorer le diagnostic de performance énergétique avant de vendre, il vend sur la base d'un mesurage antérieur aux travaux, et l'acquéreur fait remesurer après son entrée dans les lieux. Si l'écart dépasse le seuil, le recours est ouvert pendant un an.

La règle pratique

Elle tient en une ligne : si des travaux ont touché aux cloisons, aux doublages ou à la hauteur sous plafond depuis le dernier mesurage, il faut remesurer avant de signer.

Le coût d'un nouveau mesurage est sans commune mesure avec celui d'une action en diminution du prix, et il supprime le sujet.

Le point à retenir pour un projet d'aménagement

Quand un acquéreur achète pour aménager des combles, un raisonnement mérite d'être posé dès la visite. La surface au sol et la surface mesurable ne sont pas la même chose, et l'écart entre les deux dépend de la pente.

Sous une toiture, la hauteur décroît vers la façade. La bande où l'on dépasse 1,80 mètre peut représenter la moitié du plancher, parfois moins. Et l'isolation, indispensable sous un comble, prend encore de la hauteur.

Un relevé de la hauteur sous pente, fait avant toute promesse, évite une déception qu'aucun aménagement ne rattrape ensuite.

Ce que nous faisons, et ce à quoi nous nous engageons

Nous signalons par écrit tout projet susceptible de faire varier la surface mesurable, avant que le chantier ne commence — doublages, cloisons, isolation en rampant. L'information va à l'agence comme au propriétaire.

Nous relevons la hauteur sous pente avant tout projet de combles, à plusieurs points, et nous disons ce qui est réellement utilisable. Un plancher ancien n'est jamais parfaitement horizontal et les valeurs annoncées de mémoire sont rarement les bonnes.

Nous ne réalisons pas le mesurage Carrez. Il relève d'un diagnostiqueur, et c'est très bien ainsi : celui qui pose les cloisons ne doit pas être celui qui mesure ce qu'elles ont retiré. Nous disons quand il faut le refaire.

Le devis décrit les épaisseurs mises en œuvre, doublages compris. C'est ce qui permet à chacun de comprendre où les centimètres sont passés.

Nous travaillons en entreprise générale, tous corps d'état sous un seul contrat, avec nos propres ouvriers.

Questions fréquentes

Un doublage isolant fait-il vraiment perdre des mètres carrés ?

Oui, et c'est mécanique : l'épaisseur posée est retirée de la surface mesurable sur toute la longueur du mur concerné. C'est un arbitrage à poser explicitement avec le propriétaire, entre confort thermique et surface affichable.

Faut-il remesurer après des travaux ?

Dès que les cloisons, les doublages ou la hauteur ont bougé, oui, avant toute mise en vente. C'est peu coûteux et cela ferme le sujet.

La surface Carrez est-elle la même que la surface habitable ?

Non, ce sont deux notions distinctes, avec des règles de calcul différentes. La première concerne la vente d'un lot de copropriété, la seconde s'emploie notamment en location. Il est courant de trouver deux chiffres différents pour un même logement, et les deux peuvent être justes.

Nous accompagnons régulièrement des agences et leurs clients : voir notre poste isolation intérieure et extérieure, notre aménagement de combles et notre page travaux et compromis de vente.

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Ce que votre client vous demande, et ce qu'on peut y répondre

Nous visitons le bien, nous chiffrons sous quarante-huit heures, et nous remettons un compte rendu écrit à l'agence comme au client. Vous avez une réponse à donner, et un seul interlocuteur responsable de tous les corps d'état si les travaux se font.

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